Centre Max Weber - UMR 5283

Centre Max Weber - UMR 5283

Julie Thomas

Maitresse de conférences
Chercheurs, enseignants-chercheurs - Université Jean Monnet
Équipe Urbanités contemporaines

Email julie.thomas@univ-st-etienne.fr

Téléphone 04 77 42 19 88​ ; 04 77 48 50 23

Localisation
Saint-Étienne - Université Jean Monnet
Bureau D1.5.1
Bât D, niveau R+1 6 rue Basse des Rives 42023 Saint-Etienne Cedex 2

Mes recherches sont liées de manière transversale par ma posture :
- Tout d’abord, considérer le corps comme analyseur essentiel des pratiques sociales,
- également, examiner les effets différenciés des rapports sociaux (genre, classe, race) sur les parcours de vie et les interactions, dans des contextes variés ;
- enfin, étudier les situations marginales, les singularités choisies ou subies

Actuellement (année uniersitaire 2016-17), je suis engagée dans un projet proposé à la DREES avec Maks Banens de l’équipe 2 du CMW, Anne Marcellini de l’Université de Lausanne et Nathalie Le Roux de l’Université de Montpellier. Ce projet se propose d’étudier l’évaluation par l’enquête CARE (enquête quantitative INSEE) de la relation d’aide entre conjoints, d’une part, entre un.e senior et son enfant de l’autre. Les deux cas de figure sont fréquents dans la situation de la dépendance après l’âge de 60 ans. Dans des recherches antérieures, les chercheur.e.s de l’équipe avaient noté l’ambivalence des sentiments de l’aidé(.e) vis-à-vis de l’aidant(.e) et la complexité de la relation qui en découle. L’enquête HSM ne permettait pas d’approfondir cette analyse de façon symétrique. L’enquête CARE, en revanche, semble le rendre possible, grâce à de nouvelles questions dans le questionnaire du/de la senior(.e). La question est donc de savoir si ces nouvelles informations, déclarées par l’aidé(e), complètent utilement celles déclarées par l’aidant(.e) et si l’analyse combinée ouvrira de nouvelles perspectives de connaissance. Nous allons mener des entretiens dans trente situations d’aide : quinze situations d’aide conjugale (homme-femme comme femme-homme) et quinze situations d’aide filiale (aidants fils comme aidantes filles). L’enjeu méthodologique est d’évaluer le potentiel de compréhension que contient l’enquête. L’enjeu scientifique est une meilleure compréhension de la relation d’aide familiale au prisme de la perte d’autonomie. L’enjeu social est le bien-être des acteurs impliqués.

Ce projet se trouve au carrefour des thèmes de mes recherches antérieures. Mon premier axe de recherches concerne les corps genrés changeant avec l’âge

Dans ma thèse réalisée à Paris Sud sous la direction de Catherine Louveau, j’ai étudié l’évolution du rapport au corps des filles insérées dans des filières scolaires masculines. J’ai montré comment on pouvait comprendre leurs engagements scolaires singuliers au travers de leurs expériences corporelles : que ce soit les expériences passées, à l’origine de leurs choix, vécues dans plusieurs mondes (scolaire et familial bien sûr, mais aussi sportif) ; ou que ce soit les manières dont ces engagements masculins mettent à l’épreuve leur corps une fois insérées dans ces environnements masculins. Parmi mes résultats, j’ai ainsi montré comment les unes et les autres managent différemment la visibilité corporelle de leur altérité, notamment selon leur classe sociale d’appartenance. Plusieurs pistes de recherche sont ouvertes : un travail sur les garçons dans les filières « de filles », ou encore une observation multisituée (Marcus, 1995) suivant des jeunes professionnel-le-s inséré-e-s dans plusieurs contextes professionnels aux régimes de genre et classe très différents.

Par ailleurs je me suis intéressée aux corps adolescents au prisme des rapports sociaux cette fois sur le versant santé et sexualité, au sein d’un projet INSERM en cours : « Inégalités sociales et territoriales de la vaccination HPV » (Equipe ERES, dirigée par Pierre Chauvin). Ce projet veut s’intéresser aux raisons du recours/non recours/renoncement à ce vaccin : rapport familial à la gestion de la sexualité des filles, représentations erronées en lien avec des discours savants opaques, raisons « économiques »… ; dans des familles variées du point de vue de leurs ressources socioculturelles, origine sociale et migratoire, etc. Au sein de ce projet je m’intéresse particulièrement à la relation entre, d’une part, le discours des filles et des parents sur le vaccin et, d’autre part, les formes de gestion familiale de la sexualité adolescente, et leur poids potentiel sur les inégalités sociales de santé.

Mon deuxième axe de recherches concerne les activités physiques et de loisirs et la santé et le handicap.

J’ai ainsi continué à étudier les expériences d’individus qui gèrent une singularité plus ou moins visible de leur corps, cette fois malade ou handicapé, dans des environnements (sportifs, associatifs, médicaux) marqués de manière différente par les rapports sociaux. Au sein d’un projet sur « l’accès aux pratiques physiques et sportives des personnes vivant avec le VIH » (dirigé par Sylvain Ferez au sein du laboratoire SantESiH), j’ai étudié plus spécifiquement les femmes et les Trans’. Notre travail collectif a notamment porté sur l’expérience des personnes et leur gestion de la visibilité et de la vulnérabilité, réalisée différemment selon leurs ressources, leur situation de discrédités ou discréditables, et les environnements investis. Nous avons montré combien cette gestion faisait éclater les catégories de sexe, de sexualité, de classe ou d’ethnicité. Dans le cadre de ces recherches, je suis engagée dans un nouveau projet « VIH, rapport au corps et participation sociale », porté par SantESiH en collaboration avec des chercheurs de Guadeloupe, Québec, Montréal, Moncton, Rennes, Lyon, proposé pour financement à l’ANRS. Par ailleurs, un travail sur l’expérience des traitements des personnes infectées par l’hépatite C est en prévision.

J’ai également intégré une recherche sociohistorique étudiant l’institutionnalisation du mouvement handisport français. J’y ai étudié les toutes premières associations et les premiers acteurs et actrices de ce mouvement auto-organisé, et me suis intéressée aux modalités de mobilisation collective. Un travail plus approfondi sur les actrices stéphanoises est prévu.

Enfin, j’ai participé à la recherche en cours portant sur le devenir professionnel des anciens étudiants handicapés, dirigé par Nathalie Le Roux au sein de SantESiH.

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