Julie Thomas

Chercheur.e.s, enseignant.e.s-chercheur.e.s - Université Jean Monnet

Maitresse de conférences

Équipe Cultures publiques

Mes recherches sont liées de manière transversale par :
- L’attention au corps, considéré comme analyseur essentiel des pratiques sociales,
- la prise en compte les effets différenciés des rapports sociaux (genre, classe, race) sur les parcours de vie et les interactions dans des contextes variés, les situations de privilèges des un.es et les résistances des autres aux dominations vécues ;
- l’intérêt pour les situations marginales, les singularités choisies ou subies.

Projets en cours : nouvel intérêt pour la vieillesse...

Depuis 2016, je suis engagée dans un projet financé par la DREES, co-dirigé par Maks Banens de l’équipe 2 du CMW et moi-même, avec la participation de Anne Marcellini de l’Université de Lausanne et Nathalie Le Roux de l’Université de Montpellier, ainsi que Cécile Boukabza (ingénieure d’études sur le projet) ; actuellement dans sa phase de valorisation (rapport final à l’automne 2018 ; Banens, Thomas, Boukabza, 2019 ; Thomas, Banens, 2020). Ce projet, post-enquête qualitative de l’enquête CARE (enquête INSEE), a étudié les relations d’aide entre conjoints vieillissants, d’une part, entre un.e senior.e et ses enfants de l’autre au prisme du genre ; en s’intéressant aux pratiques et aux vécus de l’aide.

Par ailleurs, le programme de recherche pluridisciplinaire PrescAPP dont je suis responsable a été financé pour un amorçage sur la période 2019-2020, puis pour un prolongement pour 2020-21, par la MSH-LSE (fonds IDEX), puis par la fondation UJM (2020) et enfin par l’IRESP pour la période 2020-2023 : "La ’PRESCription d’Activité Physique’ dans les Parcours de prise en charge des personnes vieillissantes à l’aune des inégalités de santé : une comparaison entre territoires français". Le projet PrescAPP interroge sous l’angle sociologique les pratiques liées à la prescription médicale d’activité physique auprès de personnes vieillissantes et atteintes d’affection de longue durée. Cette recherche vise plus particulièrement à mettre en lumière les inégalités sociales de santé qui peuvent accompagner ces pratiques ou en découler. Le projet s’est centré sur le territoire rhônalpin dans un premier temps ; il s’attache désormais à la comparaison de territoires en AuRA, Grand-Est, Pays de la Loire et Occitanie. L’équipe de chercheur.es est composée de sociologues, spécialistes de santé publique, médecins hospitaliers.

Projets en maturation : d’anciens thèmes revisités

Je suis actuellement en contact avec des universitaires brésiliens et français pour lancer un projet de comparaison franco-brésilienne sur le thème "corps, genre et sexualités dans les enseignements techniques brésilien et français". Les collègues impliqués sont : au premier chef Avelino de Lima Neto (enseignant chercheur à l’IFRN), porteur d’un projet financé par le fonds de recherche brésilien, ainsi que Jacques Gleyse (LIRDEF, UMontpellier) côté français.
Enfin, j’ai obtenu un financement CNRS du GDR Sport et Activités Physiques pour un doctorant pour un thèse portant sur les effets des politiques de "féminisation" de 3 fédérations françaises sur les carrières d’arbitres H/F.

Ces récents projets et réflexions se trouvent au carrefour des thèmes de mes recherches antérieures.

Mon premier axe de recherches concerne les corps genrés changeant avec l’âge

Dans ma thèse réalisée à Paris Sud sous la direction de Catherine Louveau, j’ai étudié l’évolution du rapport au corps des filles insérées dans des filières scolaires masculines. J’ai montré comment on pouvait comprendre leurs engagements scolaires singuliers au travers de leurs expériences corporelles : que ce soit les expériences passées, à l’origine de leurs choix, vécues dans plusieurs mondes (scolaire et familial bien sûr, mais aussi sportif) ; ou que ce soit les manières dont ces engagements masculins mettent à l’épreuve leur corps une fois insérées dans ces environnements masculins.
Parmi mes résultats, j’ai ainsi montré comment les unes et les autres managent différemment la visibilité corporelle de leur altérité, notamment selon leur classe sociale d’appartenance. J’ai aussi pointé les différentes situations de discrédit et manières de les gérer qu’on pouvait observer entre les garçons.
Plusieurs pistes de recherche sont ouvertes : outre la recherche en construction avec les collègues brésiliens (ou peut-être au sein de ce projet) un travail sur les garçons dans les filières "de filles", ou encore une observation multisituée (Marcus, 1995) suivant des jeunes des filières techniques inséré.es dans plusieurs contextes (éducatifs, professionnels, personnels) aux régimes de genre et classe très différents.

Par ailleurs je me suis intéressée aux corps adolescents au prisme des rapports sociaux cette fois sur le versant santé et sexualité, au sein d’un projet INSERM : « Inégalités sociales et territoriales de la vaccination HPV » (Equipe ERES). Ce projet voulait s’intéresser aux raisons du recours/non recours/renoncement à ce vaccin : rapport familial à la gestion de la sexualité des filles, représentations erronées en lien avec des discours savants opaques, raisons "économiques"… ; dans des familles variées du point de vue de leurs ressources socioculturelles, origine sociale et migratoire, etc. Au sein de ce projet je me suis intéressée particulièrement à la relation entre, d’une part, le discours des filles et des parents sur le vaccin et, d’autre part, les formes de gestion familiale de la sexualité adolescente, et leur poids potentiel sur les inégalités sociales de santé.

Mon deuxième axe de recherches concerne les activités physiques et de loisirs et la santé et le handicap.

J’ai ainsi continué à étudier les expériences d’individus qui gèrent une singularité plus ou moins visible de leur corps, cette fois malade ou handicapé, dans des environnements (sportifs, associatifs, médicaux) marqués de manière différente par les rapports sociaux.
Au sein d’un projet sur "l’accès aux pratiques physiques et sportives des personnes vivant avec le VIH" (dirigé par Sylvain Ferez au sein du laboratoire SantESiH), j’ai étudié plus spécifiquement les femmes et les Trans’. Notre travail collectif a notamment porté sur l’expérience des personnes et leur gestion de la visibilité et de la vulnérabilité, réalisée différemment selon leurs ressources, leur situation de discréditées ou discréditables, et les environnements investis. Nous avons montré combien cette gestion faisait éclater les catégories de sexe, de sexualité, de classe ou d’ethnicité.
J’ai également intégré une recherche sociohistorique étudiant l’institutionnalisation du mouvement handisport français. J’y ai étudié les toutes premières associations et les premiers acteurs et actrices de ce mouvement auto-organisé, et me suis intéressée aux modalités de mobilisation collective. Enfin, j’ai participé à la recherche en cours portant sur le devenir professionnel des anciens étudiants handicapés, dirigé par Nathalie Le Roux au sein de SantESiH.
Les projets en cours creusent ce sillon, tout en faisant des liens avec mes autres thèmes de prédilection.

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