Formée à l’anthropologie au Chili puis à la muséologie en France, j’ai exercé – aussi bien là-bas qu’ici – dans des projets de recherche-action relatifs aux mémoires en conflit et à leurs processus de patrimonialisation et/ou muséification. Portant une attention particulière à la place accordée aux enquêtées, je me suis intéressée aux enjeux de représentations en me penchant sur les questions de participation et les modes de transmission des savoirs. Un cheminement théorico-pratique à travers lequel j’ai mobilisé les épistémologies des Suds tout en créant des espaces d’exploration avec des artistes pour sonder, au travers de l’interdisciplinarité, des formes senti-pensantes de construction du savoir.
Aujourd’hui, doctorante en contrat Cifre, je porte – sous la direction d’Anthony Pecqueux – le projet de recherche Sentir-penser les oppressions : une recherche-action participative sur les VHSS dans la pratique de la capoeira angola en Auvergne-Rhône-Alpes . Dans la continuité de l’approche sensible engagée par le CMTRA autour de l’émotion musicale, ce travail a pour enjeu d’explorer les manières dont corps et perception peuvent produire de l’action politique, notamment dans la lutte contre les violences et le harcèlement sexiste et sexuel (VHSS) dans le milieu de la capoeira angola. C’est aussi une recherche-action, puisqu’elle cherche à créer avec ses acteurices une production sonore collective pouvant relayer les connaissances relatives à la lutte contre les VHSS à d’autres groupes de musique et de danse traditionnelles (mais pas que).