Marianne Woollven soutiendra sa thèse le mardi 27 novembre à 14h à l’École Normale Supérieure de Lyon

Date :Mardi 27 novembre 2012 à 14h00

Marianne Woollven soutiendra sa thèse le mardi 27 novembre à 14h à l’École Normale Supérieure de Lyon (en salle F-008). La thèse s’intitule : « La construction du problème social de la dyslexie en France et au Royaume-Uni : acteurs, institutions et pratiques (de la fin du XIXe au début du XXIe siècle) »

Le jury sera composé de :
 Danièle Carricaburu, professeur à l’université de Rouen ;
 Bernard Lahire, professeur à l’ENS de Lyon (directeur de thèse) ;
 Lilian Mathieu, directeur de recherche au CNRS ;
 Olivier Martin, professeur à l’université Paris 5 ;
 Eric Plaisance, professeur émérite à l’université Paris 5 ;
 Sally Power, Cardiff University

En France et au Royaume-Uni, le terme dyslexie désigne une situation dans laquelle la maîtrise des compétences lectorales et scripturales est considérée comme problématique : des critères d’inspiration médicale et psychologique sont appliqués à des performances scolaires particulières, dans des contextes où la scolarisation est la norme. L’objet de la thèse est de rendre compte de la construction sociale de la dyslexie, de comprendre comment des pratiques et des dispositifs rendent possible l’émergence d’un genre de personne dyslexique. La première partie traite de la construction de la dyslexie comme problème public dans les deux pays, des premiers cas identifiés à la fin du XIXe siècle à la reconnaissance de la catégorie dans le droit au début du XXIe siècle. Tandis que l’histoire du problème au Royaume-Uni est celle d’une réussite (les revendications sont structurées autour d’une définition précise et des solutions sont proposées), sa définition est longtemps incertaine et peu autonome en France. On montre dans la deuxième partie que la dyslexie est un problème scolaire, touchant aux savoirs enseignés et évalués par l’école, qui acquiert d’autant plus de consistance qu’il est institué dans les normes et les pratiques de l’école. Au Royaume-Uni, sa reconnaissance peut être intégrée aux pratiques pédagogiques ordinaires des enseignants du fait de la légitimité d’une logique psychologique. En France, la dyslexie demeure un problème largement extrascolaire (les pratiques d’identification sont principalement paramédicales et sa reconnaissance s’inscrit dans les dispositifs relatifs au handicap). La troisième partie est consacrée à l’étude des outils d’objectivation qui donnent consistance à la dyslexie. Les difficultés en lecture de certains élèves ne sont appréhendées en ces termes que si elles peuvent être montrées et quantifiées.

Publié le 25 novembre 2012