Simon Kechichian

Thèmes de recherche :

  • Primes socialisations
  • Encadrement de l’enfance populaire
  • Différenciation sociale des enfants
  • Loisirs périscolaires et animation socio-culturelle
  • Forme scolaire à la périphérie de l’école
  • Politiques éducatives et modes d’éducation familiale

Direction : Sylvia Faure (Professeure d’université / Lyon 2 / Centre Max Weber)

Titre (provisoire) : « Les loisirs périscolaires : Un autre encadrement de l‘enfance populaire »

Résumé :

A partir d’une enquête ethnographique cette thèse vise à rendre compte des modalités concrètes d’encadrements des enfants de classes populaires au sein d’accueils de loisirs périscolaires, ainsi que les appropriations enfantines de ce dispositif. L’analyse de la confrontation s’appuie d’une part, sur l’étude des encadrants, descendant le fil de la hiérarchie institutionnelle de l’équipe de direction aux animateurs, de leurs discours à leurs pratiques, afin de mettre en lumière les modalités d’incarnation des différents rôles institutionnels, ainsi que les formes spécifiques que prennent la prise en charge des enfants accueillis. Les pratiques d’animation sont envisagées comme le support et le vecteur de processus de gouvernement, de normalisation et de socialisation des enfants. D’autre part, l’enquête met en lumière les réceptions, les réactions, les appropriations que les enfants mettent en œuvre dans leurs pratiques quotidiennes durant les temps de loisirs périscolaires. Dans ce contexte de loisir encadré, cette recherche tend à montrer, à rebours des images pacifiées des jeux d’enfants, que de manière précoce, ces enfants sont soumis à un régime de contraintes et à des rapports de domination avec lesquels ils doivent « faire avec » et « faire face ».
Décrire les processus de socialisation, en train de se faire, au sein de cette institution intercalaire, située à la frontière entre école et famille, permet en outre d’étudier concrètement le travail de normalisation « par le bas ». Installer sur le front des luttes entre familles populaires et univers scolaire, elle cristallise les enjeux qui structurent les rapports entre ces deux institutions primordiales des socialisations enfantines. Pris en charge par des agents socialisateurs peu légitimes dans la division du travail éducatif, et dans une institution dominée dans le champ des institutions de l’éducation, les enfants sont alors soumis à des normes (comportementales, émotionnelles, cognitives, politiques etc.) dans un contexte singulier. Implanté au sein d’un quartier populaire d’une commune périphérique, et s’appuyant sur un mandat éducatif et ludique, ce dispositif invite donc à mettre au jour les rapports complexes qui peuvent s’établir entre des familles de milieu populaire et une institution périscolaire censée répondre à leurs besoins.

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