Centre Max Weber - UMR 5283

Centre Max Weber - UMR 5283

Thomas Lavergne

Doctorants, post-doctorants
Équipe Dynamiques sociales et politiques de la vie privée
Localisation
Lyon - ISH

Thèse : Reconfiguration des modalités du travail du sexe et des formes identitaires des escort boys aux prismes des nouvelles technologies d’informations et de communications.

Mots-clés : travail du sexe / genre / sexualités / identités numériques / escort boys

Si le travail du sexe est un sujet largement exploré et fruit de vives controverses, le sujet des hommes qui occupent cette activité est quant à lui passé sous silence, à la fois dans les politiques publiques et les médias mais aussi au sein des sciences sociales. Cette recherche tend à pallier d’une part le manque d’information sur ce sujet, de donner des pistes de réflexion au débat polarisé du féminisme et d’autre part de questionner plus largement le contexte idéologique dans lequel les politiques publiques abolitionnistes françaises s’articulent. Étudier la prostitution sous l’angle des hommes apparaît ainsi comme une entreprise à forte portée heuristique permettant de mettre en lumière les cadres de pensée issus de contextes culturel, historique, symbolique, et genré autour des normes sexuelles. Si les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) ont reconfigurées nombre de domaine du monde social, la prostitution n’en est pas exempte. Aujourd’hui en France, la grande majorité des hommes utilisent internet comme interface de rencontre en vue d’une relation sexuelle monnayée. Ainsi, il ne s’agit pas seulement de spécifier les transformations des modalités de l’échange économico-sexuel mais de comprendre en quoi le média a transformé les « formes identitaires » et le regard porté sur l’activité par les personnes qui s’y livrent. Nous partons du postulat qu’Internet, par les nouveaux réseaux d’échanges qu’il permet, par une nouvelle inscription de soi dans une communauté en ligne, conditionne pour partie les formes d’identification des escorts. Il convient alors de considérer Internet comme espace de processus créatif et discursif, permettant de co-construire l’identité et les codes sociaux des travailleurs du sexe. Cette recherche déploie trois faisceaux de questionnement s’articulant sur trois niveaux d’analyse (niveau d’analyse en ligne portant sur les sites permettant la rencontre interfacée et aux profils en ligne de manière qualitative et quantitative, niveau micro-social sur la représentation des acteurs et la gestion de l’outil socio-technique, niveau macro-social sur la reconfiguration du marché du travail et des politiques). Elle met en place des méthodes d’observation directe en ligne (sites, forum, blog), des méthodes statistiques à partir d’une base de donnée créée par récolte des informations déclaratives issus des profils en ligne et enfin d’entretiens semi-directifs auprès d’une cinquantaine d’escorts sur le territoire français.

Logo CNRS Logo Lyon 2 Logo ENS Logo Jean Monnet
Intranet Plan du site Mentions légales