Centre Max Weber - UMR 5283

Centre Max Weber - UMR 5283

Fatou Diop

Doctorants, post-doctorants
Équipe Dynamiques sociales et politiques de la vie privée
Localisation
Lyon - ISH

Thèmes de recherche :
- Sociologie carcérale
- Sociologie de la famille
- Sociologie interactionniste de la déviance

Thèse en cours : Genre et expériences carcérales (et/ou) post-carcérales. Processus de stigmatisation des femmes dans les prisons sénégalaises

Sous la direction de : Corinne ROSTAING

Partout dans le monde, les détenues représentent une minorité. Au Sénégal, les 1754 détenues constituent en 2013, 5% de la population carcérale. L’étude sur les prisons de femmes pose des difficultés relatives à la quasi-inexistence d’une littérature consacrée à cette question. Cette carence d’écrits sur les femmes détenues trouve son corollaire dans le traitement pénal différencié de ces dernières et la non prise en compte de leurs spécificités. Les prisons au Sénégal, héritées de l’époque coloniale, sont caractérisées par des conditions de détention difficiles qui sont le résultat de la promiscuité et de la vétusté des infrastructures (Dap, 2013). La situation carcérale du Sénégal est marquée par une surpopulation accrue et chronique qui s’explique en partie par une évolution constante de la population des écrouées et la quasi-inexistence des mesures alternatives à l’incarcération. Notre thèse entend étudier la situation des femmes depuis leur arrestation jusqu’à leur libération, en passant par la vie en prison. En attente de jugement ou en train de purger une peine, les détenues sont doublement marquées comme femmes ayant transgressé la loi et les normes de genre, et ce quel que soit le motif et/ ou la finalité de leur jugement. En effet, durant leur détention les femmes sont moins soutenues que les hommes. A ce titre 56% de femmes n’ont pas reçu de visites depuis leur arrestation, 35% sont divorcées. Comment étudier le ou les processus de stigmatisation, à la fois par le regard de la société et l’analyse des stigmates (Goffman, 1975) de cette population « discréditable » ?

S’inscrivant dans une démarche à la fois compréhensive et interactionniste, notre étude tente de saisir le sens que ces femmes donnent à leurs actions et comprendre les interactions et la (re) construction des identités. Notre étude s’intéresse au genre et à l’articulation de trois phases, pré-carcérale, carcérale et post-carcérale. En intégrant la dimension genre, comme catégorie d’analyse, nous cherchons à mieux comprendre la perception et l’évaluation des continuités et ruptures relatives à ces situations vécues par les femmes comparativement aux hommes. Comment se manifestent les stigmates liés à l’incarcération des femmes ? Quelles sont les stratégies mises en place par les détenues mais aussi par leur famille pour faire face aux atteintes réputationnelles. Des observations en détention, des entretiens avec des personnels et des détenues en prison ainsi que des entretiens avec des ex-détenues nous permettront de mieux saisir le sens que ces dernières donnent à leurs expériences carcérales et aux actions menées pour cacher ou assumer ce stigmate. Enfin, un questionnaire adressé à la population sénégalaise contribuera à recueillir la perception d’une population variée issue de quartiers populaires ou résidentiels avec des niveaux d’études différents sur la prison, et leurs représentations sur les détenues et ex-détenues.

Mots clés : Prison - genre – stigmate – expériences – processus

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