Centre Max Weber - UMR 5283

Dynamiques sociales et politiques de la vie privée

Recherches

OPERATIONS DE RECHERCHE EN COURS

*Former un couple aujourd’hui. Amour, décisions et inégalités

Emmanuelle Santelli

Justine Vincent, allocation de recherche ENS, CMW

Convention de recherche CNAF (en cours)

  • Cette recherche s’attache à étudier la formation conjugale de jeunes couples (moins de 36 ans et moins de 6 ans de vie de couple) dans le cadre d’une recherche qualitative (41 individus interviewés correspondant à 29 couples). Dans un contexte marqué par la transformation des modalités de la rencontre amoureuse (les supports pour rencontrer quelqu’un sont infinis) et le fait que les hommes et les femmes ont connu de précédentes relations affectives et sexuelles avant la mise en couple, comment les individus choisissent-ils la personne avec laquelle ils vivent ? Afin de répondre à cette question, l’enquête interroge la question du sentiment amoureux et le met en perspective avec les autres « ingrédients » qui peuvent intervenir et expliquer la formation du couple lors de ses quatre étapes (la rencontre, le début de la relation, le sentiment de faire couple, l’installation dans un logement commun).
  • 5 mots-clés : formation conjugale, jeunes adultes, amour, contextes

* Sociologie politique de la parenté (depuis 2015 )

Jean-Hugues Déchaux

  • Les travaux engagés depuis 2015 portent sur la « mise en délibération » des normes de parenté dans une société française marquée par la pluralisation des « modèles de parenté ». Au centre de la recherche réside la question du statut des normes de parenté et l’étude des modalités concrètes de leur mise en délibération. Sur le premier point, une exploration de la production doctrinale de l’Eglise catholique à l’occasion du Synode sur la famille (2014-2015) et l’analyse de diverses encycliques ayant porté sur la famille depuis Vatican II met en évidence la résistance du modèle de l’indisponibilité de la norme fondé pour partie sur la notion de « loi morale naturelle ». En matière de mariage et de famille, l’Eglise développe avec constance une anthropologie biblique qui renvoie à une vérité morale objective, indisponible à la volonté humaine, car énoncée par le Créateur et conforme à la nature. Si les débats actuels internes au catholicisme portant sur l’éthique familiale, le « principe de gradualité » et ses conséquences pastorales sont vifs, ils ne remettent pas en cause le caractère indisponible de la vérité morale. Le contraste avec les conceptions laïques de la normativité familiale – normes sociales mais aussi juridiques et principes orientant les politiques familiales – est profond et rend plus problématique la mise en délibération des normes de parenté.
  • Si on considère avec Michaël J. Sandel, contre les visions défendues par J. Habermas comme par J. Rawls – que l’on peut qualifier l’une et l’autre de libérales – que la discussion publique doit porter aussi bien sur le « juste » que sur le « bien », les chances de parvenir à un accord collectif qui ait une solide validité morale sont objectivement réduites. Ce constat interroge la neutralité axiologique dont se revendique le droit de la famille dans une perspective libérale et oblige à préciser ce qu’il est possible d’attendre d’une délibération publique des normes de parenté. Il s’agit alors de voir, sur la base d’une réflexion sur l’épistémologie de la délibération – contours, procédure, contenu, nature des accords produits –, à partir d’exemples récents (le débat en 2012 et 2013 autour de la loi sur le mariage homosexuel ou celui, actuel, sur la « gestation pour autrui »), quelles peuvent en être les modalités concrètes susceptibles de produire un accord rationnellement motivé sur les questions de parenté.
  • Mots clés : Délibération, droit de la famille, modèles de parenté, normes de justice, normes de parenté, pluralisme.

* Les arrangements conjugaux et leurs temporalités

Emmanuelle Santelli, Claire Bidart, DR LEST, Aix Marseille Université

Convention de recherche GIS Genre (en cours)

  • Nous assistons actuellement à un renouveau des études sur le couple. Pour comprendre comment le couple se transforme à l’épreuve de la vie, de quelle manière la conjugalité a évolué au cours des décennies et ce qu’il en est du rapport de genre, nous proposons de conduire une recherche qui questionne le lien conjugal et amoureux par le biais de la notion d’arrangement. Cette notion permet à la fois de mettre l’accent sur les dynamique conjugales genrées et d’introduire la question des temporalités. Deux corpus d’enquête, l’un longitudinal (le Panel de Caen, déjà constitué), l’autre synchronique comparatif (à mettre en œuvre), permettront d’aborder ces deux perspectives dans le cadre d’un futur projet de recherche. Ces perspectives complémentaires (enquêtes qualitatives, quantitatives, longitudinales et transversales par cohortes) permettront de mieux comprendre comment les logiques conjugales se différencient et évoluent dans le temps biographique et historique.
  • 5 mots-clés : arrangements conjugaux, temporalités, dynamiques sociales, genre

* Génomique et « génétisation » de la parenté (depuis 2016 )

Jean-Hugues Déchaux

Dans une séquence historique marquée par la pluralisation des « modèles de parenté », la propension sociale à définir la parenté en termes génétiques s’est-elle accrue ? La recherche fait l’hypothèse que les réalités scientifiques, technologiques et économiques liées au développement de la génétique exercent une forte influence sur la perception du lien de parenté. Sont explorés, principalement à partir d’une investigation menée sur le net, divers aspects de cette influence : le commerce du sperme, celui des tests prédictifs et généalogiques, l’essor de la bioinformatique des données génétiques, le rôle de l’expertise génétique en droit de la filiation. Les conclusions provisoires de la recherche attestent d’une tendance réelle mais non exclusive à la « génétisation » de la parenté qui, à terme, pourrait avoir pour effet de dissocier « procréation » (assistée techniquement) et « reproduction » (parenté intentionnelle), et conforte d’ores et déjà une vision individualiste et libérale de la société. Un volet complémentaire de la recherche porte sur le commerce international du sperme à partir de l’étude de l’offre de services de deux grandes banques danoises (Cryos International et European Sperm Bank) en position de leader sur le marché mondial. Les données résultent du dépouillement pendant 6 mois (janvier à juin 2016) des informations disponibles sur les sites web des deux établissements. Il ressort que la « marchandisation » du sperme n’est pas une opération neutre dans laquelle l’offre commerciale des banques se contenterait de répondre à une demande préexistante. Elle s’accompagne de la promotion d’un ensemble de normes et valeurs associées à la procréation par don de gamètes, qui consiste en une « logique de moindre risque » ayant pour effet de réhabiliter l’eugénisme positif dans une version libérale et marchande, celle d’un choix individuel assisté par la biotechnologie. La sélection biogénétique du donneur sous-tendue par l’idée de l’hérédité des traits personnels est une assurance contre des risques improbables mais aux enjeux considérables : avoir un enfant en bonne santé, doté de traits désirés par ses parents. Cette logique de précaution tient davantage du calcul de probabilité que d’une conviction idéologique. Il n’est pas nécessaire de croire au « tout génétique » pour s’y engager, il suffit simplement de vouloir minimiser les risques. Un troisième volet, actuellement en cours, porte sur les avancées de la génomique – tests prénataux non invasifs (DPNI), séquençage et édition du génome fœtal et germinal (CRISPR-cas9), transfert mitochondrial (« FIV à trois parents ») – leur progressive mise sur le marché et leur application (actuelle, imminente ou future) à la reproduction humaine. Il s’agira d’interroger l’émergence d’un consumérisme procréatif globalisé auquel répond un eugénisme de marché et ce que cela pourrait impliquer (en termes de « modèles de parenté ») sur la filiation.

Mots clés : ADN, bioéconomie, biotechnologies, génétique, génomique, modèles de parenté, procréation, reproduction humaine.

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Jean-Hugues Déchaux, Laurence Tain, Magali Mazuy, Florence Dupré, Alexandra Levasseur, Rommel Mendès-Leite, Zhanna Karimova, Breanna Jones, Georges Eid, Christine Bobey-Gérard. Toujours au cœur de la famille, le lien conjugal continue de chercher comment concilier autonomie individuelle, vie de couple et exercice de la parentalité sous des formes légalement reconnues, protégées et soutenues. La dynamique entraîne massivement l’ensemble des couples et pose des questions particulières pour des couples comme ceux de même sexe et les couples d’origines mixtes. Chercheur-e-s particulièrement engagé-e-s dans cet axe : Emmanuelle Santelli, Maks Banens, Rommel Mendès-Leite, Céline Costechareire, Georges Eid, Béate Collet, Christine Bobey-Gérard. Gaëlle Clavandier, Magali Mazuy, Maks Banens, Mathieu Azcue, Maël Dieudonné.

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L’autonomie est également un enjeu au sein des, comme par exemple au sein d’une institution particulièrement, la prison : comment les personnes incarcérées peuvent-elles se dégager des formes d’autonomie et de reconnaissance dans un espace dépersonnalisant ? Elle l’est encore quand la santé est atteinte et quand l’individu est confronté à un handicap moteur, psychologique ou sensoriel, que ce soit à l’hôpital, dans un centre médico-social ou à domicile.

Corinne Rostaing

Maks Banens, Virginie Blum, Fabienne Tanon, Marie-Clémence Le Pape, Caroline Touraut, Jessie Dubief, Yves Tournaire, Abdel Hammouche, Béate Collet.

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